17.05.2012
Une énième étude sur les troubles de la fonction érectile, sur fond de blockbuster

Hier mercredi 16 mai, j'ai vu passer un tweet "sondage Ifop : Les François sont de moins en moins machos", interpellé je me rends sur la page mise en lien, et tombe sur un article de la rubrique santé du Figaro ou j'apprends (sans trop de surprise je l'avoue) que l'enquête a été commanditée par les laboratoires Lilly :
Autant dire que chacun pourra trouver matière à se réjouir - ou à s'inquiéter - en lisant les résultats de la dernière enquête Ifop-Lilly,«Regards croisés sur la masculinité». Le sondage, réalisé en ligne les 3 et 4 avril dernier sur un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans, dessine le portrait d'hommes moins caricaturaux qu'on ne le dit parfois.
En bas de page un lien vers un autre article du figaro, ou l'illustre Eric Zemmour officie, un extrait :
Eric Zemmour - Être à la hauteur du plaisir des femmes, se comparer aux autres, ne pas connaître de défaillance d'érection, tel est le fardeau existentiel de la virilité (sic) depuis toujours, qui explique l'angoisse des hommes.
En cherchant un peu plus, je trouve un autre compte-rendu de l'étude, que je qualifierai d'anthologique, et me "rassure" en constatant que l'étude est bien comme à son habitude centrée sur les "troubles de la fonction érectile"
Lilly présente les résultats de la 4ème étude Ifop/Lilly : « Regards croisés hommes/femmes sur la masculinité » - LE FORT « BESOIN D’ERECTION » DES HOMMES… ET DES FEMMES. 93% des hommes interviewés considèrent l’érection fondamentale pour se sentir un homme. Symbole ancestral de la puissance sexuelle (SIC!), l’érection est pour 95% des interviewés nécessaire pour faire l’amour.
S'expriment à propos de cette étude de grands habitués du discours sur la panne sexuelle et sa médicalisation :
Selon le Docteur Gilbert Bou Jaoudé, Président de l'Association pour le développement de l'information et de la recherche sur la sexualité (Adirs), « Dès que l’homme a un doute, dès qu’il pense que cela devient nécessaire, il lui est fortement conseillé de prendre en charge ses troubles de l’érection afin de ne pas laisser la gêne s’installer au sein du couple » ajoute le Dr Catherine Solano.
Ainsi chaque année nous livre désormais son édition du fameux sondage Lilly en relation avec les troubles de la fonction érectile, afin de nous rappeler les vertus de son désormais incontournable Blockbuster, le Cialis ; ces études sont complaisament rélayées par la presse séniors, féminine, psycho : Une communication à bon compte quand on y réfléchit bien...
- En août 2009 : Les Français et la panne sexuelle
- En juin 2010 : Les Français et la sexualité dans le couple
- En avril 2011 : Etude Ifop/Lilly « Elle et lui face à la panne »
Sans oublier la fameuse caravane du désir en 2010
On rappellera que le CIALIS est un des blockbuster des laboratoires Lilly aura réalisé à peu près 2 milliards de chiffre d'affaire dans le monde, pour l'année 2011 (il dépassait déjà le milliard en 2006).
Je vous cite ici un extrait d'un article qui résume grosso modo ce que je pense de la question :
Bien souvent, les consommateurs de ces pilules sont des personnes qui y ont recours pour augmenter leur capacité sexuelle, et non pour palier un dysfonctionnement sexuel comme cela était initialement prévu. [...] A 110 euros la boite de 8 comprimés, il faut pouvoir se le permettre financièrement, et votre performance sexuelle vaut-elle le coup de mettre en danger votre santé ?
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15.05.2012
Une étonnante polémique sur fond de recommandations de la HAS à propos de la prise en charge de l’autisme

Voici un billet que j'ai écrit voici quelques semaines (en février plus exactement), et que je me permet de recycler, puisqu'il s'insère assez facilement dans les problématiques évoquées dans mon précédent article. J'ai écrit ce billet en m'inspirant de cet article du Quotidien du médecin, sur l'étonnante prise de position du député UMP Daniel Fasquelle à propos de pressions que subirait la HAS dans le cadre de l'élaboration de ses recommandations de bonnes pratiques dans la prise en charge de l’autisme et des troubles envahissant du comportement chez les enfants et adolescents.
Ces pressions auraient pour objectif selon M. Fasquelle la réintroduction de l'approche psychanalytique dans les préconisations, alors que tout laissait supposer au contraire, lors de l'examen des derniers travaux, leur abandon au profit de méthodes éducatives et comportementales.

Le marché des médicaments pour troubles psychologiques
Le problème c'est que le traitement de l'autisme, (ainsi que d'une bonne partie des troubles psychologiques) représente un enjeu non négligeable pour l'industrie pharmaceutique. Certains estiment même que les entreprises du médicament oeuvreraient au final plus ou moins indirectement en faveur d'une "pathologisation" de certains troubles (en particulier les nouvelles addictions aux médias sociaux et aux jeux) qui aurait pour conséquence de créer d'éventuels futurs débouchés pour de nouveaux médicaments "comportementaux".
Il existe désormais aux Etats-Unis des médicaments qui ont été spécifiquement approuvés par la FDA pour le traitement des symptomes de l'autisme, dès 2006 avec le Risperdal, puis en 2009 avec Abilify. Mais de nombreux autres médicaments sont utilisés off-label (dont le fameux Zyprexa). Inutile de préciser que l'utilisation de médicaments pour le traitement de l'autisme et les troubles psychologiques est loin de faire l'unanimité, en particulier aux Etats-Unis ou il y a eu des excès (notamment avec la célèbre ritaline) au point que la FDA a apposé le label blackbox sur ces médicaments pour les enfants et les adolescents dans un premier temps, puis pour les jeunes adultes ensuite.
source : http://psychcentral.com/lib/2010/medications-for-autism/
Les médicaments utilisés ne peuvent agir sur l'autisme proprement dit, mais peuvent avoir une action sur les symptomes, et donc participer à une régulation du comportement : En plus des médicaments cités plus haut, on utilise des antidépresseurs (contre l'anxiété notamment) ou des antipsychotiques (troubles sévères du comportement). [ Source Mayo Hospital ]

Une énième théorie du complot?
Comme à chaque fois que l'industrie pharmaceutique revient sur le devant de la scène, les théories du complot ne sont jamais loin. Je ne m'engagerai pas personnellement sur ce terrain, toujours est-il - et cela n'a pas manqué d'être relevé - que M. Daniel FASQUELLE député Pas-de-Calais se trouve être (ou avoir été) par ailleurs membre d'un club de réflexion financé par les laboratoires GSK, au même titre qu'un certain nombre de députés et de sénateurs toutes tendances confondues : Le Club Hippocrate.
Un élément qui n'a pas manqué d'être mis en relief dans un des commentaires du billet suivant qui discutait de l'intervention de M. Fasquelle sur le site Handicap.fr et où le fameux Club Hippocrate est purement et simplement assimilé à un lobby pharmaceutique. De manière plutôt étonnante, il semblerait que dans la tourmente de l'affaire du médiator, de nombreux politiques aient souhaité se retirer du Club en question, mis un peu trop en lumière par des articles dans la presse grand public, notamment le Figaro :
Créé en janvier 2010, le club Hippocrate bénéficie d'un financement de 49.000 € dont 18.000 € viennent de GSK (le groupe anglo-américain, numéro 2 mondial de l'industrie pharmaceutique), 18.000 € de Malakoff Médéric (dont le délégué général est Guillaume Sarkozy, le frère du président) et 13.000 € de la Générale de santé. Un sponsoring qui fait mauvais effet dans le contexte actuel.
source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/02/25/10758-media...
Le financement de Malakoff Médéric
Le club Hippocrate organise aussi des rendez-vous sur le thème de l'assurance, de la dépendance, et des retraites. à l'heure où se décide des choix fondamentaux en matière de prise en charge (publique ou privée) et de réforme structurelle des retraites, les mauvaises langues n'ont pas manqué de relever la présence de Malakoff Médéric dans ce club :
Le déficit prévisionnel de la branche assurance-maladie de la sécurité sociale (9,4 milliards d’euros en 2009) rend plus que jamais d’actualité un débat sur le financement des dépenses de santé des Français : lesquelles doivent ressortir de la solidarité nationale, obligatoire, lesquelles d’une solidarité contractuelle, individuelle et complémentaire ? Nous sommes de nombreux parlementaires à vouloir nous emparer de ces questions. Au-delà d’un « PLFSS de crise », nous voulons préparer les choix pérennes nécessaires pour palier au déficit structurel de la branche assurance-maladie. Pour ce faire, nous avons décidé de nous réunir régulièrement au sein d’un club parlementaire informel, Hippocrate. Ensemble, nous auditionnerons régulièrement, un économiste et un responsable du secteur de la santé.
Erreurs de communication
Le moins qu'on puisse dire - sans jeter forcément la pierre - c'est que les membres de ce club ont géré plutôt maladroitement leur communication, ainsi Jean Pierre Door déclarait au Figaro le février 2011 : " C'est vous qui m'annoncez le montant de ces financements " (en références aux financements mentionnés plus haut), or M. Door est l'un des fondateurs du Club Hippocrate avec Gerard Bapt, il apparait donc étonnant qu'il témoigne d'une telle méconnaissance de la vie du club. De même après l'épisode des modifications des fiches wikipedia, le site http://www.club-hippocrate.fr/ n'est plus en ligne.
Une gestion de communication à rebours des stratégies de transparence en vigueur dans le monde du lobbying.
En conclusion, cet épisode Hippocrate, géré visiblement dans la précipitation s'avère plutôt un ratage en termes de gestion (de crise) de la communication. Il faut savoir que la tendance actuelle que tentent d'imprimer les lobbistes professionnels va davantage en direction d'une transparence affirmée et même revendiquée dans certains cas. Une stratégie qui peut s'avérer effectivement beaucoup plus efficace que le " restons cachés ". Il faut garder aussi présent à l'esprit que les nombreux sites et articles mettant en avant les théories du complot dans l'industrie pharmaceutique, contiennent en germe un effet pervers : La décrédibilisation. Trop de diabolisation finit par masquer le réel...
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Of one mind : Un nouveau moyen d'entrer en relation avec le patient

[visuel : un élément somme toute classique de la "propagande/influence" patient/pharma. Ces campagnes mettant très souvent en scène des patients, cherchent la plupart du temps à toucher la corde sensible du spectateur. En l'occurrence pour ce cas précis, la campagne est destinée à attirer l'intention sur la médicalisation des troubles bipolaires.]
Mon article d'aujourd'hui s'inspire d'un billet de Matthew Herper, celèbre chroniqueur de Forbes, et porte sur les enjeux autour des médicaments dédiés aux troubles psychologiques (schyzophrénie, troubles bipolaires, etc), plus précisément, le billet en question est consacré à la montée en puissance d'un nouvel acteur dans le monde des fondations de santé américaines, il s'agit Of One mind. une fondation qui milite et fait un actif lobbying en faveur d'un développement de la recherche pharmaceutique sur les maladies neurologiques et psychologiques.
Of One Mind : Un groupe de pression orienté patients
L'article de Matthew Herper portait surtout sur l'activité de groupe de pression et d'influence de la fondation. Mais comme vous le constaterez en vous rendant sur le site internet d'Of One Mind, la fondation développe par ailleurs principalement une activité thérapeutique et de conseil en direction des patients - plus exactement des jeunes patients (ados et jeunes adultes). L'une des particularités d'OOM est de rentrer directement en contact avec les jeunes et leurs parents, pour leur proposer des thérapies comportementales, et surtout - c'est le plus fâcheux dans cette histoire - des traitements médicamenteux. Ce crédo est d'ailleurs explicitement énoncé sur la page consacrée aux missions de la fondation, dont je vous livre un extrait ici :
Philosophy
Our caring, research based treatment approach is designed to teach the young person how to change destructive behavior and improve the quality of their self esteem and relationships with others. We work to ensure individualized treatment in a structured and nurturing environment encouraging personal growth and responsibility. Focus is placed on giving young people a fresh start and the tools to fulfill their potential. The treatment approach we use has been developed out of over 25 years of clinical experience.
... Qui défend l'idée d'une médicalisation des troubles psychiques chez les adolescents
Of One Mind est parvenu a obtenir ni plus ni moins que le soutien de Patrick Kennedy, l'ancien parlementaire fils de Ted. Mais la figure clé derrière Of One Mind, c'est Garen Staglin, déjà derrière deux fondations opérant sur le créneau de la "santé mentale", oeuvrant elles aussi en faveur d'une recherche pharmaceutique pour les maladies neurologiques et des troubles psychologiques. Garen Staglin, est parvenu a obtenir le soutien financier des laboratoires Ely Lilly et Johnson & Johnson qui finançaient déjà quant à eux via l'Healthy Minds initiative des laboratoires Janssen (une des sociétés de Johnson & Johnson) la Fondation 1mind4research. Difficile de connaître la nature exacte des liens entre les différents protagonistes, ce qui est sûr, c'est que de telles initiatives sont pain bénis pour les laboratoires, qui bénéficient ainsi de l'aura d'une noble cause.
Encore la médiation du patient
Si vous ne le savez pas encore, il s'agit d'ailleurs d'une des tendances fortes, en ce qui concerne les stratégies d'influence de l'industrie pharmaceutique que de recourir à ces fondations et associations de patients, les finançant aussi par ailleurs. Ce n'est pas d'ailleurs sans poser de problème puisque lesdites associations de patients acceptant des financements de l'industrie pharmaceutique se retrouvent confrontées à des problèmes de légitimité - Il faut préciser qu'il y a deux poids deux mesures en fonction des associations, certaines sont d'authentiques structures qui gèrent tant bien que mal des subsides provenant en proportion variable des laboratoires, d'autres sont à des degrés divers des émanations plus ou moins directes des entreprises du médicament.
Of one mind promeut de manière très originale voire inédite comme nous allons le voir - le recours aux thérapies médicamenteuses auprès du public américain. Ainsi en consultant l'agenda (calendar event), on remarque le mercredi 16 mai, un séminaire à Ercino, "One Mind Parent Seminar- Disturbing Behavior- Assessing Your Child's Need For Treatment" ; puis le 23 mai, c'est autour de Los Angeles d'héberger le même séminaire, etc...

Comme vous le constatez ci-dessus, Of One Mind propose aussi des Dual diagnosis treatment, dont je vous livre ici la définition :
Dual diagnosis services are treatments for people who suffer from co-occurring disorders -- mental illness and substance abuse. Research has strongly indicated that to recover fully, a consumer with co-occurring disorder needs treatment for both problems -- focusing on one does not ensure the other will go away. Dual diagnosis services integrate assistance for each condition, helping people recover from both in one setting, at the same time.
source : Nami - national alliance on mental illness

NAMI étant un des concurrents de Of One Mind, si l'on peut dire, toujours bien sûr "au service des patients", voici la liste d'une partie des financements NAMI (pour le premier trimestre 2012), qui comprend comme Of One Mind quelques laboratoires pharmaceutiques :
AstraZeneca Connection Program $125,000.00
Anonymous Donation $200,000.00
Bristol- Myers Squibb Campaign for a Better Tomorrow $100,000.00
Bristol- Myers Squibb Corporate Supporter Membership$25,000.00
Bristol- Myers Squibb Family-to-Family$62,500.00
[...]
Impératifs contradictoires
Que les entreprises du médicaments fassent de la recherche dans le sens d'une médication en direction des patients atteints de troubles psychologiques - en particulier les adolescents - n'est pas en soi forcément une mauvaise chose bien sûr, le problème étant que ces traitements sont loin de faire l'unanimité , comme l'a démontré notamment - pour ne citer qu'un exemple - le débat sur la Ritaline. Certains dénoncent probablement à juste titre une médicalisation à outrance de la détresse psychologique, sur fonds d'opportunités commerciales pour les laboratoires ; d'autres dénoncent carrément des remèdes qui seraient pire que le mal...
Dans le cas qui nous occupe, le marché des médicaments "psycho" ; de grands efforts sont donc entrepris par les entreprises pour sensibiliser les individus - pas seulement les patients et les malades - à la médicalisation des troubles psychologiques. Ces efforts s'expriment sur différents supports (médias, événéments, ...) mais l'un de leurs vecteurs centraux de cette communication est désormais l'internet.

Un des visuel de la page Facebook d'Of One Mind.
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10.05.2012
Publication des comptes de la CADES
La CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale) vient de rendre publics ses comptes au titre de l’exercice 2011. Au total, la Caisse aura émis pour 73 milliards d’euros de titres en 2011 (dont 31,4 milliards d’euros en refinancement moyen / long-terme).
Les résultats de la CADES se décomposent comme suit :
15,5 milliards de ressource en 2011 provenant :
- CRDS : 6,3 milliards d’euros
- CSG : 5,5 milliards d’euros
- Prélèvement social sur les revenus du capital : 1,6 milliard d’euros
- Versement du FRR (Fonds de réserve des retraites) : 2,1 milliards d’euros
En soustrayant les 3,8 milliards d’euros versés en intérêts aux investisseurs en 2011, on obtient 11,7 milliards d’euros qui auront donc été affectés à l’amortissement de la dette sociale. Depuis sa création en 1996, la CADES aura déjà permis d'amortir 59,6 milliards d’euros de dette sociale.
=> Sur le Fonds de Réserve des Retraite :
Ce dernier a été créé en 1999, le FRR, et ses actifs s'élevaient fin 2009 à 33,3 milliard d'euros, il a été créé à l'origine pour couvrir une partie des besoins de financement des régimes de retraite du secteur privé à partir de 2020 dans le but d'amortir la transition induite par la cessation d'activité de la génération du "baby boom".
On rappellera la déclaration du ministre du Travail, Eric Woerth en 2010 "Je ne serai pas de ceux qui racontent aux Français que le FRR est une solution pour dans 20 ans et qu'y toucher maintenant serait criminel".
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24.04.2012
Alerte sur la médication des séniors
Un article très intéressant dans la rubrique santé du Figaro, ("Encore trop de médicaments prescrits aux seniors"). Ce qui est mis en question dans ce billet, c'est certes le volume de prescriptions, mais aussi et surtout, l'objet de cette prescription, avec comme molécules à haut risque pour les séniors pointées du doigt, les "bonnes vieilles" benzodiazépines... Lire l'article
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