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26.01.2012

Une application mobile pour comparer les prix des médicaments

capture d'écran d'une application smartphone de comparaison de prix de medicaments

Comparer les prix des médicaments

L'entreprise américaine LowestMed vient de lancer une application mobile permettant aux consommateurs de comparer les prix des médicaments des pharmacies dans leur environnement local.
L'application mobile est en toute logique, une extension du site internet du groupe qui propose des services de comparaison en ligne, ainsi que des offres de coupons de réductions pour certaines prescriptions (prescription discount cards). Ces coupons sont une grande affaire aux Etats-Unis pour la petite histoire. Certains d'entre eux fonctionnent via des co-paiements négociés entre entreprises pharmaceutiques et compagnies d'assurance : Sans rentrer dans le détail, cela permet aux firmes de vendre des médicaments qui sans cela serait innaccessibles au plus grand nombre (un des revers du rêve américain dirons-nous).

Les limites de l'application

L'outil a ses limites, car les prix fournis sont ceux de chaînes de pharmacies type Krogers, Target, Walgreens ou Walmart. Et rien n'indique a priori que l'application prétende à l'exhaustivité en la matière. La base de données incoropore plus de 25% des médicaments les plus prescrits aux USA d'après un communiqué de la compagnie. L'application propose par ailleurs des réductions permettant aux consommateurs d'économiser entre 10 et 85% du prix du médicament. Ces codes de réductions pourraient quelques fois offrir des réductions plus importantes que les systèmes de co-paiement des assurances que j'ai évoqué plus haut. (toujours d'après lowesMed). On imagine qu'il doit y avoir un modèle commercial basé sur des partenariat avec les chaînes de pharmacie ou les laboratoires.

 

Conclusion

Ce système fonctionne pour les médicaments sur ordonnance tout simplement parce qu'aux Etats-Unis les prix du remboursable ne sont pas administrés comme en France, ce qui donne évidemment tout et n'importe quoi, et explique en partie, l'énorme gaspillage du pays en termes de dépenses de santé. En France les équivalent de cette application ne pourraient porter que sur les OTC (les médicaments sortis de la prescription obligatoire et en libre accès, tels que ceux paracetamol ou ibuprofène - pour les DCI). Il faut savoir d'ailleurs que les écarts de prix s'expliquent (en France) en grande partie par les volumes de commande des pharmacies...

Source : http://www.eweek.com/c/a/Health-Care-IT/New-Mobile-App-Al...

20.01.2012

l'ADEME consacre un dossier aux nuisances sonores

ADEME.jpg

Le numéro de janvier du magazine de l'ADEME (en libre accès sur le site) est consacré aux nuisances sonores.

Repères

Parmi les chiffres cités en repère :
- 80% des nuisances sonores ont pour origine les transports

Plus étonnant :
- 49% des Français estiment que l'environnement sonore de la ville s'est dégradé
au cours des dix dernières années.
(Il serait intéressant d'analyser finement en quoi les sondés estiment qu'il y a dégradation)
L'assertion suivante éclairant partiellement sur ce point :
- 2 Français sur 3 se disent "personnellement gênés" par le bruit à leur domicile

Encore plus étonnant,
d'après l'OMS (Organisation mondiale de la santé)  « en Europe occidentale, au moins un million  d’années de vie en bonne santé sont perdues chaque année en raison du bruit causé par la circulation ».

Comme la signalétique de la page n'est pas très clair, je précise qu'il faut cliquer sur les liens en violet à gauche : (contexte / action / travail )


http://ademe-et-vous.ademe.fr/le-magazine-n-51-dossier

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17.01.2012

Patient ou client?

milkshake.jpg

De l'art du Syllogisme bien compris

Je vous présente ici un post que j'ai vu passer ce matin sur ma timeline Google+. Le profil qui l'avait partagé, qui opère dans le secteur de la m-santé, l'avait qualifié d'un "Awesome" ce qui vraisemblablement correspondait dans son esprit à un compliment. J'ai moi même commenté ce partage en précisant qu'à mon sens ce billet, pour intéressant que soit la problématique développée, me semblait relever d'un joli sophisme, sur le modèle du célèbre syllogisme mettant à contribution le philosophe   Socrate :

Considérons un syllogisme célèbre :

Tous les hommes sont mortels. (Première prémisse, A = « homme », B = « mortel ».)
Socrate est un homme. (Deuxième prémisse, C = « Socrate ».)
Donc Socrate est mortel. (Conclusion.)

Voyons maintenant un paralogisme basé sur la négation de l'antécédent

Tous les hommes sont mortels. (A ⇒ B)
Un âne n'est pas un homme. (C ⇒ non A)
Donc un âne est immortel. (C ⇒ non B)

La question que posait l'auteur du billet était en effet la suivante : Est-il préférable pour l'individu dans sa relation avec le médecin ou le professionnel de santé d'être considéré comme un patient ou comme un client? Quel est son intérêt au final?

The Milkshake mistake

Mais l'opinion de l'auteur du billet qui semble hésiter pour la forme semble au final déjà faite : Il cite comme exemple des apports du modèle "consommateur" l'exemple du Milkshake Mistake, un cas d'école illustrant la mauvaise prise en compte du client au moment de l'élaboration du service ou du produit : McDonalds avait en effet voulu vendre plus de milkshake aux consommateurs, sans vraiment prendre la mesure de leur attente en la matière. Un audit de la situation a mis en évidence que le modèle "milkshake" de McDonalds n'était pas en phase avec les attentes du consommateur, et le gentil clown a immédiatement rectifié le tir.

Conflit d'intérêt peut-être?

L'auteur de notre billet - que je soupçonne quand même quelque peu (à tort ou à raison) de "conflit d'intérêt" malgré son jeune âge - se place dans le même cas de figure : Il dénonce ainsi l'attitude des médecins face à une application (à laquelle il a par ailleurs consacré un article ici ) pour Iphone, Skin of Mine. Des médecins qui opposent à ses activités de promotion l'argument suivant : Les clients veulent voir un médecin, pas une application.

Pour ce faire, il reprend le modèle du milkshake de la façon suivante : Les médecins en fait témoigneraient dans leur attitude d'un refus de prendre en compte les attentes réelles du "client/patient" qui préfèreraient peut-être utiliser une application que "de perdre une demi journée de travail à consulter un médecin".

Mais il s'agit bien sûr d'un paralogisme au mieux, d'un sophisme au pire

Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux, mais où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper. (source wikipedia )

Car pour ne prendre que quelques exemples :

- Il ne faut pas confondre d'une part ce que l'individu perçoit comme son intérêt, et ce qui est son intérêt réel, ou pour circonscrire son intérêt réel tel qu'il est perçu par le praticien : L'individu peut percevoir comme de son intérêt de gagner une demi-journée, mais il peut-être davantage de son intérêt d'avoir un examen de visu...
- Le fait que le modèle "consommateur" s'applique à l'avantage de l'individu pour une situation donnée n'implique pas qu'il en soit de même dans tous les cas.
- Le fait que le modèle "consommateur" prouve son efficience avec le cas MCDonalds n'implique pas qu'il soit pertinent de transposer le modèle à la santé..

Nous pourrions citer encore quelques arguments comparables, qui mettent en évidence le fâcheux raccourci implicite que véhicule l'auteur du billet...

Moralité :

Les paralogismes sont d'un usage courant en politique comme vous l'avez peut-être remarqué, ils sont en général utilisés par toutes les personnes qui ont besoin de convaincre, qu'ils aient quelque chose à vendre ou besoin d'être élus ou de gouverner par exemple. Et l'enseignement de ces techniques remonte à la plus haute antiquité : Plus précisément aux professeurs de sophistique que dénonce Socrate/Platon dans le Gorgias, des techniques qui ont par la suite été enseignées sous le chapître de la rhétorique...

Source : http://adjacentpossiblemed.blogspot.com/2011/12/patients-...

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11.01.2012

Rapport 2011 : La situation financière des organismes complémentaires santé

 

capture d'écran cbanque

 

étonnantes variations d'amplitudes pour les chiffres d'affaires des complémentaires santé

Le chiffre d'affaire des assureurs santé a sensiblement progressé au cours de l’année 2010,  Cbanque a consacré un article à la question voici quelques jours : une hausse de 14,6% par rapport à 2009... On revient donc sur le sentier vertueux de la hausse, après les fortes baisses de 2008 et 2009 :
Puisqu’en comparant les différentes années :

2010 9,4 milliards d’euros
2009 8,2 mds
2008 11,8 mds
2007 14,4 mds

Nous sommes quand même surpris de l'amplitude des écarts, on remarque ainsi qu'entre 2007 et 2009 c'est une baisse de presque 45% qui s'opère... Bien évidemment cette baisse doit aussi être remise dans le contexte des hausses énormes du début des années 2000...

Les limites de l'analyse par aggrégats

Bien sûr cette analyse du chiffre d’affaire n’est pas suffisante pour réellement comprendre le sens de ces évolutions, il faut la mettre en regard d’autres éléments : Le ratio combiné (qui est le rapport des primes&cotisations encaissées sur les coûts) , la décomposition de ces coûts (dépenses administratives, marketing, remboursements, etc),  et analyser l’impact possible du contexte sur  ces coûts : Ainsi la répercussion des charges supplémentaires (induites par la baisse de la prise en charge de l’assurance maladie, la hausse de la taxe CMU,  etc)  a de toute évidence eu un poids certain dans l’augmentation.  De même cette analyse globale masque de fortes disparités entre les assureurs, en termes d’augmentation de tarifs notamment. 

D’après l’article de cbanque (je n’ai pas vérifié les sources sur ce point), le secteur se répartit ainsi :

-    56% pour les mutuelles santé
-    27% pour les assureurs privés
-    17% pour les institutions de prévoyance (essentiellement des contrats collectifs)

Dans ces chiffres il faut bien sûr prendre en compte les intermédiaires d'assurances (courtiers) qui s'intercalent entre les assureurs et les assurés. Le rôle de ces derniers ne se résume pas toujours à celui de simples intermédiaires, certains courtiers contribuent en effet à l'innovation produit.

Aller plus loin :

Je dois dire sans être un grand spécialiste de ces questions que cbanque s'est un peu embrouillé dans cette affaire (s'inspirant manifestement d'un autre article que je ne citerai pas). En effet sur le site nous avons deux articles consacrés à la question, l'un mentionnant "chiffre d'affaire" et l'autre "résultat net comptable" (http://www.cbanque.com/actu/28080/assurance-sante-hausse-...). En fait ces chiffres ont été repris un peu partout dans la presse et proviennent d'un rapport ministériel basé sur les statistiques de la Dress que je vous met en lien plus bas, et c'est bien sûr de chiffre d'affaire que l'on parle.

à la lecture de ce rapport, les curieux pourront avoir une partie des réponses aux questions évoquées plus haut > La situation financière des organismes complémentaires assurant une couverture santé – rapport 2011

 

Lectures complémentaires

J'ai trouvé par ailleurs sur santé.gouv.fr deux documents dont l'analyse vaut à mon sens le détour, les voici :

N° 786 - Les honoraires des professionnels de santé libéraux entre 2008 et 2010

http://www.sante.gouv.fr/no-786-les-honoraires-des-profes...


La redistribution opérée par l’assurance maladie obligatoire et par les assurances complémentaires selon l’âge :
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/03A_cns_2010_dossier1-2....



04.01.2012

Quand l'observatoire des inégalités relaye la vulgate de l'OCDE

screenshot page d'accueil de l'observatoire


L'observatoire des inégalités vient d'organiser une conférence sur les questions liées à la solidarité intergénérationnelle, on se souviendra que la Fédération des mutuelles de France avait organisé en milieu d'année 2011 une grande campagne sur la même question, mettant en particulier l'accent sur la prise en charge de la dépendance, alors que les groupes de travail ad hoc étaient mis en place par le gouvernement. Le point de vue défendu par les intervenant de l'observatoire des inégalités est-il le même que celui des mutuelles? Je vous laisse seuls juges de la question, mais j'en doute fortement.

vignette conférence de l'observatoire des inegalites

J'ai ainsi été particulièrement étonné par les « Solutions envisagées » qui s'insèrent bien dans le mouvement actuel de réforme des retraites, dirons-nous... Je cite les trois points qui ont été mis en relief sur le site de l'observatoire, et repris tels quels par bon nombre de sites ensuite (dont agevillage ) :

Un allongement de la vie active

Argument classique des tenants de l'augmentation de l'âge obligatoire de départ à la retraite, le seul problème c'est qu'on a toujours pas trouvé comment réunir les conditions d'un emploi pérenne pour les séniors, et que les employeurs, c'est le moins qu'on puisse dire n'ont pas l'air franchement décidés à jouer le jeu. Il faut donc « envisager une solution » pour la mise en place de cette solution:-)

Plus drôle encore si j'ose dire : Pour l'OCDE et donc les deux intervenants venus présenter ces brillantes déductions, l'augmentation de la durée de la vie active présente une foule d'avantages :

- Améliore la viabilité financière: "des périodes plus courtes de retraite et des périodes plus longues comme cotisants et payeurs d’impôt" > Miracle de la logique, comment ne pas s'émerveiller...oui c'est logique a priori...


- Assure l’adéquation: la retraite est perçue sur une période plus courte > brillante démonstration non?


- Cela ne prive pas les jeunes d’emploi > pourquoi se priver de théoriser me direz-vous...

 

une « diversification des sources de revenus pour les personnes âgées ».

Pour comprendre un peu de quoi il en retourne, je me suis penché sur les visuels de la conférence, je n'ai guère été surpris d'y trouver les belles présentations de l'OCDE dont les préconisations – on l'oublie trop souvent – sont généralement à tendance libérale (voire ultralibérale, les méchants...).
Par  diversification de revenus, l'OCDE préconise tout simplement d'organiser le recours à l'épargne privée... sans en dire plus. Bref on revient au bon vieux démon de privatisation de la retraite, pourquoi pas me direz-vous, au vu de la faiblesse des rentes servies par l'Etat, mais quel encadrement par les pouvoirs publics ? Quel contrôle ? Quels systèmes d'indexation / revalorisation ? Cela l'OCDE n'en parle pas...

logo ocde

 

un ciblage plus important des prestations de retraite sur les plus vulnérables,

Cette préconisation est présentée sans être explicitée, mais à la lumière du point précédent nous sommes tenté de la comprendre comme une sanctification du principe de la privatisation croissante de la retraite... Ce qui est défendu ici en filigrane, c'est une diminution de la part de la retraite obligatoire dans le "mix" de la retraite globale : Avec à la clé une retraite de l'Etat dont les prestations sont "recentrées" sur "les plus vulnérables"... Pratique et "efficient"?

Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1521&id_mot=29

 (télécharger les documents présentés par Anna Cristina D’Addio et Maxime Ladaique)

Morale de l'histoire

La solidarité intergénérationnelle vue et revisitée par l'OCDE, ça ressemble un peu à un bon truc de marketing pour vendre précisément le contraire du solidaire... Un peu comme quand Nicolas Sarkozy nous vendait le bouclier fiscal comme un moteur de reprise économique, ou la détaxation des heures supplémentaire comme une solution pour ainsi dire sans incidence sur le chômage... Ils sont forts ces marketeurs décidément :-).

Du nouveau du côté de chez Alzheimer

La haute autorité de santé vient de publier un guide des bonnes pratiques sur la prise en charge de la maladie d'Alzheimer ; conçu à destination des professionnels, cet ensemble de recommandations renforce la place du parcours de soins et l'articulation intelligente entre le médecin généraliste et le spécialiste.
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1148883/maladie-da...

 
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